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Crédit + PTZ

Comparateur Crédit + PTZ : combiner prêt classique et Prêt à Taux Zéro

Mis à jour le 21 février 2026 — Temps de lecture : 8 min

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ne finance jamais la totalité d'un achat immobilier : il vient en complément d'un ou plusieurs prêts classiques. Comprendre comment ces deux financements s'articulent est essentiel pour évaluer l'économie réelle et anticiper l'évolution de vos mensualités au fil du temps.

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1. Le principe du financement combiné

Lorsque vous êtes éligible au PTZ, votre financement se décompose en trois parties :

L'apport personnel

La somme que vous investissez directement, sans emprunt. Plus l'apport est élevé, moins le montant emprunté est important.

Le prêt principal (classique)

Un crédit immobilier à taux fixe (ou variable), sur lequel vous payez des intérêts et, généralement, une assurance emprunteur.

Le PTZ (Prêt à Taux Zéro)

Un prêt sans intérêts, garanti par l'État, qui prend en charge une partie du financement. Vous ne remboursez que le capital, sans aucun intérêt.

Le montant du PTZ dépend de la zone géographique, du type de logement, de la composition du foyer et de la tranche de revenus. Il peut couvrir de 10 % à 50 % du coût de l'opération (plafonné).

2. Les trois phases de remboursement

La spécificité du PTZ est son différé de remboursement : pendant plusieurs années, vous ne remboursez que le prêt principal. Le remboursement du PTZ ne démarre qu'ensuite. Votre financement passe donc par trois phases :

Phase 1 : Différé PTZ

Durée : jusqu'à 10 ans (tranche 1) selon la tranche de revenus

Pendant cette phase, vous ne remboursez que le prêt principal + assurance. Aucune mensualité PTZ. C'est la phase où votre effort financier est le plus faible.

Phase 2 : Remboursement PTZ

Durée : 6 à 15 ans selon la tranche

Le remboursement du PTZ s'ajoute aux mensualités du prêt principal. C'est la phase où la mensualité totale est la plus élevée. Toutefois, le PTZ est remboursé sans intérêts, ce qui limite l'augmentation.

Phase 3 : Après le PTZ

Durée : dépend de la durée du prêt principal

Si votre prêt principal dure plus longtemps que la durée totale du PTZ (différé + amortissement), vous revenez à la mensualité du prêt seul, identique à la phase 1.

Durée du différé par tranche — Tranche 1 : 10 ans de différé. Tranche 2 : 8 ans. Tranche 3 : 2 ans. Tranche 4 : 0 an (pas de différé). Plus vos revenus sont modestes, plus le différé est long.

3. Comment calculer l'économie réelle

L'économie apportée par le PTZ correspond exactement aux intérêts que vous n'aurez pas à payer sur la partie financée par le PTZ. Le calcul est le suivant :

Économie = Coût total sans PTZ − Coût total avec PTZ

Le scénario sans PTZ emprunte la totalité du montant au taux du marché. Le scénario avec PTZ emprunte moins sur le prêt principal (puisque le PTZ couvre une partie), donc les intérêts sont réduits.

Exemple simplifié

Montant emprunté : 220 000 €. PTZ de 55 000 € (quotité 50 %, neuf collectif, zone A, tranche 1).
Sans PTZ : 220 000 € au taux marché → intérêts importants sur toute la somme.
Avec PTZ : 165 000 € au taux marché + 55 000 € à 0 % → intérêts uniquement sur 165 000 €.
L'économie correspond aux intérêts qu'aurait coûté un prêt de 55 000 € au taux marché.

De plus, l'assurance emprunteur n'est calculée que sur le prêt principal (pas sur le PTZ), ce qui génère une économie supplémentaire.

4. Assurance et PTZ : comment ça marche ?

L'assurance emprunteur est exigée par les banques pour le prêt principal, mais pas pour le PTZ. Le PTZ est garanti directement par l'État via le Fonds de Garantie de l'Accession Sociale (FGAS). Conséquences :

  • L'assurance est calculée sur le capital du prêt principal uniquement, pas sur le montant total emprunté.
  • Plus le PTZ couvre une part importante du financement, plus le montant assuré est faible.
  • L'économie d'assurance s'ajoute à l'économie d'intérêts pour déterminer l'avantage total.

Attention — Si vous cumulez d'autres prêts complémentaires (prêt Action Logement, prêt épargne logement, etc.), l'assurance peut s'appliquer à chacun selon les conditions de la banque. Vérifiez les garanties exigées pour chaque prêt.

5. L'échéancier combiné

L'échéancier combiné regroupe les remboursements du prêt principal et du PTZ sur une même timeline. Chaque année, il indique :

  • La mensualité du prêt principal (constante sur toute la durée)
  • La mensualité PTZ (0 € pendant le différé, puis constante pendant la phase de remboursement)
  • L'assurance emprunteur (sur le prêt principal)
  • Le capital restant dû pour chaque prêt
  • La phase en cours (différé, remboursement, post-PTZ)

Cet échéancier est précieux pour anticiper vos charges futures et vérifier que la phase de remboursement PTZ reste compatible avec votre budget.

6. Exemple chiffré complet

Prenons l'achat d'un appartement neuf en zone A pour un couple avec un enfant (3 personnes), avec les paramètres suivants :

Paramètre Valeur
Coût de l'opération 300 000 €
Apport personnel 30 000 €
Montant à financer 270 000 €
Revenu fiscal de référence 45 000 €
Taux du prêt principal 3,5 %
Durée du prêt 20 ans
Assurance emprunteur 0,34 %

Scénario 1 : prêt classique seul

Montant emprunté 270 000 €
Mensualité (crédit + assurance) ~1 643 €/mois
Coût total du crédit ~124 300 €

Scénario 2 : prêt + PTZ

Le couple est en tranche 2 avec un PTZ de 50 % (neuf collectif, zone A) :

PTZ obtenu ~80 000 €
Prêt principal réduit ~190 000 €
Différé PTZ 8 ans
Mensualité phase 1 (différé) ~1 156 €/mois
Mensualité phase 2 (remb. PTZ) ~1 712 €/mois
Coût total du crédit ~87 800 €
Économie totale ~36 500 €

Cet exemple illustre que le PTZ permet une économie substantielle (~29 % du coût du crédit), mais que la phase 2 génère une mensualité plus élevée que le scénario sans PTZ. Il faut s'assurer que cette mensualité reste soutenable.

7. Optimiser son financement avec le PTZ

Plusieurs leviers permettent de maximiser l'avantage du PTZ :

Maximiser la quotité PTZ

Privilégiez un appartement neuf en zone tendue (quotité 50 %) plutôt qu'une maison (30 %). La différence de quotité se traduit directement en économie d'intérêts.

Ajuster la durée du prêt principal

Si le prêt principal dure plus longtemps que le PTZ, la phase 3 (post-PTZ) revient à une mensualité plus basse. Allonger la durée peut lisser l'effort financier de la phase 2.

Négocier le taux du prêt principal

Plus le taux du prêt principal est bas, plus l'économie absolue du PTZ diminue (car les intérêts évités sont moindres), mais le coût total baisse également. Un bon taux reste toujours avantageux.

Déléguer l'assurance emprunteur

L'assurance ne s'applique qu'au prêt principal. En négociant un taux plus bas via la délégation (loi Lemoine), l'économie se cumule avec celle du PTZ.

8. Questions fréquentes

Peut-on cumuler le PTZ avec d'autres prêts aidés ?

Oui. Le PTZ est cumulable avec un prêt Action Logement (1 % patronal), un prêt d'accession sociale (PAS), un prêt conventionné, ou encore un prêt épargne logement (PEL/CEL). L'ensemble des prêts aidés ne peut toutefois pas financer plus de 100 % de l'opération.

Que se passe-t-il si je revends le bien avant la fin du PTZ ?

En cas de revente, le PTZ doit être remboursé intégralement (capital restant dû) au moment de la vente, sans pénalité. Le capital restant dû du prêt principal est également soldé. Si le prix de vente est supérieur au total des deux soldes, vous récupérez la différence.

Le PTZ est-il intéressant si les taux sont bas ?

L'avantage du PTZ est proportionnel au taux du marché. Plus les taux sont élevés, plus l'économie est importante. Avec des taux à 3,5 %, le PTZ reste très avantageux. Même à 2 %, l'économie reste significative car elle porte sur une part importante du montant emprunté.

La mensualité peut-elle dépasser le seuil HCSF de 35 % ?

La recommandation HCSF s'applique à l'ensemble de vos mensualités, y compris le PTZ. Pendant la phase de remboursement PTZ, la mensualité totale peut être élevée. Si elle dépasse 35 % de vos revenus, la banque pourrait refuser le dossier, sauf dérogation.

Sources juridiques

  • CCH art. L31-10-1 et suivants — Prêt à taux zéro
  • Loi de finances 2025, art. 90 — Extension aux maisons individuelles
  • Décret n° 2025-299 du 29 mars 2025 — Barème PTZ avril 2025
  • Recommandations HCSF du 29 novembre 2021 — Taux d'endettement et durée
  • Loi Lemoine n° 2022-270 du 28 février 2022 — Résiliation assurance emprunteur