Aller au contenu principal
Vos données restent sur votre appareil — Calcul 100 % local, aucun tracking.
CI
CalculsImmo
AccueilGuides › Plus-value immobilière
Plus-value

Plus-value immobilière : calcul, abattements et exonérations

Mis à jour le 14 février 2026 — Temps de lecture : 10 min

La plus-value immobilière est le gain réalisé lors de la vente d'un bien immobilier. Elle est soumise à l'impôt sur le revenu (19 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %), mais bénéficie d'abattements progressifs pour durée de détention qui conduisent à une exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS). Ce guide détaille le mécanisme de calcul, les abattements et les cas d'exonération.

Estimez votre impôt en quelques clics avec notre simulateur plus-value immobilière.

1. Le principe de la plus-value immobilière

La plus-value brute est la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition corrigé :

Plus-value brute = Prix de vente − Prix d'acquisition corrigé

Si le résultat est négatif ou nul, il n'y a pas de plus-value et aucun impôt n'est dû. Les moins-values immobilières ne sont ni reportables ni imputables sur d'autres revenus.

2. Déterminer le prix d'acquisition corrigé

Le prix d'acquisition peut être majoré de certaines dépenses pour réduire la plus-value imposable :

Frais d'acquisition

Deux options : le montant réel des frais de notaire payés à l'achat, ou un forfait de 7,5 % du prix d'acquisition (option la plus courante car généralement plus avantageuse).

Travaux

Deux options :

  • Montant réel — Travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration (sur justificatifs), à condition qu'ils n'aient pas déjà été déduits des revenus fonciers.
  • Forfait de 15 % — Applicable sans justificatif si le bien est détenu depuis plus de 5 ans. Ce forfait s'applique sur le prix d'acquisition initial (hors frais).

Prix corrigé = Prix d'achat + Frais (réels ou 7,5 %) + Travaux (réels ou 15 %)

3. Les abattements pour durée de détention

Deux grilles d'abattement distinctes s'appliquent à la plus-value brute :

Impôt sur le revenu (19 %)

  • 0–5 ans : 0 % d'abattement
  • 6–21 ans : 6 % par an
  • 22e année : 4 %
  • Exonération totale à 22 ans

Prélèvements sociaux (17,2 %)

  • 0–5 ans : 0 % d'abattement
  • 6–21 ans : 1,65 % par an
  • 22e année : 1,60 %
  • 23–30 ans : 9 % par an
  • Exonération totale à 30 ans

La durée de détention se calcule par années pleines révolues à compter de la date d'acquisition (acte authentique) jusqu'à la date de vente.

4. L'imposition : IR, PS et surtaxe

Après application des abattements, l'impôt se décompose en trois éléments :

Impôt sur le revenu

Taux forfaitaire de 19 % sur la plus-value nette IR (après abattement IR)

Prélèvements sociaux

Taux de 17,2 % sur la plus-value nette PS (après abattement PS). Composés de : CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %

Surtaxe

S'ajoute si la plus-value nette IR dépasse 50 000 €. Barème progressif de 2 % à 6 %.

L'impôt est prélevé par le notaire sur le prix de vente et reversé au Trésor public. Il ne s'ajoute pas au barème progressif de l'IR (pas d'impact sur votre taux marginal).

5. La surtaxe sur les plus-values élevées

La surtaxe s'applique lorsque la plus-value nette (après abattement IR) dépasse 50 000 €. Elle est calculée selon un barème progressif avec un mécanisme de lissage (CGI art. 1609 nonies G) :

Plus-value nette IR Taux de surtaxe
50 001 à 60 000 €2 % (avec lissage)
60 001 à 100 000 €2 %
100 001 à 110 000 €3 % (avec lissage)
110 001 à 150 000 €3 %
150 001 à 160 000 €4 % (avec lissage)
160 001 à 200 000 €4 %
200 001 à 210 000 €5 % (avec lissage)
210 001 à 250 000 €5 %
250 001 à 260 000 €6 % (avec lissage)
Au-delà de 260 000 €6 %

Le mécanisme de lissage évite un effet de seuil brutal dans les tranches de transition. Par exemple, pour une plus-value nette de 55 000 €, la surtaxe est de 2 % × 55 000 − (60 000 − 55 000) × 1/20 × 55 000 = 850 €.

6. Les cas d'exonération

Plusieurs situations permettent d'échapper totalement à l'impôt sur la plus-value :

Résidence principale

Exonération totale (IR + PS) pour la vente de votre résidence principale, sans condition de durée de détention.

Détention longue

Exonération d'IR après 22 ans, exonération totale (IR + PS) après 30 ans de détention.

Première cession d'un bien autre que la résidence principale

Sous conditions : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale dans les 4 années précédentes, et remployer le prix dans l'achat d'une résidence principale dans les 24 mois.

Prix de vente inférieur à 15 000 €

Exonération pour les cessions dont le prix de vente est inférieur ou égal à 15 000 € (apprécié bien par bien).

Retraités et invalides

Sous conditions de ressources (revenu fiscal de référence N-2 < seuil), les titulaires de pensions de retraite ou d'invalidité peuvent être exonérés.

7. Exemple chiffré complet

Vente d'une résidence secondaire après 12 ans de détention :

Étape Montant
Prix de vente 350 000 €
Prix d'achat 200 000 €
Forfait frais 7,5 % 15 000 €
Forfait travaux 15 % (> 5 ans) 30 000 €
Plus-value brute 105 000 €
Abattement IR (7 × 6 % = 42 %) −44 100 €
Plus-value nette IR 60 900 €
Abattement PS (7 × 1,65 % = 11,55 %) −12 128 €
Plus-value nette PS 92 872 €
IR (19 % × 60 900) 11 571 €
PS (17,2 % × 92 872) 15 974 €
Surtaxe (2 % × 60 900 − lissage) 1 218 €
Impôt total ~28 763 €

Le vendeur recevra environ 321 237 € net après impôt (350 000 − 28 763). En attendant 10 ans de plus (22 ans de détention), l'IR serait nul et les PS seraient réduits d'environ 85 %.

8. Stratégies d'optimisation

Optimiser la durée de détention

Chaque année au-delà de 5 ans réduit l'impôt. Vendre juste avant ou juste après une année pleine peut faire une différence significative.

Justifier les travaux au montant réel

Si vous avez effectué des travaux importants (supérieurs à 15 % du prix d'achat), conservez vos factures : le montant réel peut être plus avantageux que le forfait.

Utiliser le comparateur temporel

Notre simulateur intègre un tableau comparatif montrant l'impôt à différentes dates de vente, pour visualiser l'effet des abattements dans le temps.

9. Questions fréquentes

Le forfait travaux de 15 % est-il cumulable avec des travaux réels ?

Non, c'est l'un ou l'autre. Vous choisissez soit le forfait de 15 % (sans justificatif, après 5 ans), soit le montant réel des travaux (sur justificatifs). Le plus avantageux des deux.

Comment est calculée la durée de détention ?

En années pleines révolues, de la date d'achat (acte authentique) à la date de vente. Par exemple, un bien acheté le 15 mars 2015 et vendu le 10 mars 2027 compte 11 années (la 12e année n'étant pas révolue).

Un terrain constructible est-il soumis au même régime ?

Oui, les terrains à bâtir sont soumis au même régime d'imposition des plus-values immobilières, avec les mêmes abattements pour durée de détention. Seul le forfait travaux de 15 % ne s'applique pas (pas de construction existante).

Sources juridiques

  • Plus-value des particuliers : CGI art. 150 U à 150 VH
  • Abattements pour durée de détention : CGI art. 150 VC
  • Surtaxe : CGI art. 1609 nonies G
  • Prélèvements sociaux : 17,2 % (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %)