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Rendement

Rendement locatif : brut, net et net-net expliqués

Mis à jour le 14 février 2026 — Temps de lecture : 9 min

Le rendement locatif est l'indicateur central pour évaluer la rentabilité d'un investissement immobilier. Mais attention : derrière ce chiffre unique se cachent trois niveaux de calcul très différents. Un rendement brut de 8 % peut se transformer en 3 % net-net après charges et impôts. Ce guide vous explique chaque niveau, les formules exactes et les pièges à éviter.

Calculez votre rendement en détail avec notre simulateur rendement locatif.

1. Le rendement brut

C'est le calcul le plus simple et le plus courant dans les annonces immobilières. Il ne prend en compte que les loyers et le coût total d'acquisition.

Rendement brut = (Loyer annuel / Coût total acquisition) × 100

Le coût total d'acquisition inclut le prix d'achat, les frais de notaire et les éventuels travaux. Le loyer annuel est calculé avant toute déduction de charges et d'impôts, mais peut intégrer un taux de vacance locative (périodes sans locataire).

Attention — Le rendement brut surestime systématiquement la rentabilité réelle. Un bien affiché à « 10 % brut » peut descendre à 4-5 % net-net. Utilisez-le uniquement comme premier filtre pour comparer des biens entre eux.

2. Le rendement net de charges

Le rendement net intègre les charges récurrentes du propriétaire bailleur :

Rendement net = ((Loyers − Charges) / Coût total acquisition) × 100

Les charges comprennent : charges de copropriété non récupérables, taxe foncière, assurance propriétaire non occupant (PNO), frais de gestion locative, vacance locative et provisions pour travaux. Ce rendement est nettement plus réaliste que le brut.

3. Le rendement net-net (après fiscalité)

Le rendement net-net intègre l'impact fiscal — impôt sur le revenu et prélèvements sociaux :

Rendement net-net = ((Loyers − Charges − Impôts) / Coût total acquisition) × 100

C'est le seul rendement qui reflète véritablement ce qui reste dans votre poche. L'écart entre le brut et le net-net peut facilement atteindre 3 à 5 points selon votre tranche marginale d'imposition (TMI) et le régime fiscal choisi.

4. Quelle base de calcul utiliser ?

Un point souvent source de confusion : la base du calcul (le dénominateur). Notre simulateur utilise :

Base = Prix d'achat + Frais de notaire

Les frais de notaire sont estimés à 8 % pour l'ancien et 3 % pour le neuf.

Certains calculs incluent aussi les travaux dans la base, d'autres non. L'important est de comparer des biens avec la même méthode. Notre simulateur n'inclut pas les travaux dans la base de calcul (ils sont intégrés dans le coût total d'investissement affiché séparément).

5. Les charges à prendre en compte

Charges de copropriété

Part non récupérable sur le locataire (environ 25-30 % des charges totales). Inclut l'entretien des parties communes, le gardiennage, l'assurance de l'immeuble.

Taxe foncière

Impôt local à la charge du propriétaire. Vérifiez le montant exact auprès du vendeur ou sur l'avis d'imposition. En forte hausse dans de nombreuses communes ces dernières années.

Assurance PNO

Assurance propriétaire non occupant, obligatoire en copropriété. Coût typique : 100 à 300 €/an selon la surface et la localisation.

Frais de gestion

Si vous déléguez à une agence : généralement 6 à 10 % des loyers charges comprises. En gestion directe : prévoir du temps et des frais ponctuels (annonces, états des lieux).

Vacance locative

Périodes sans locataire : rotation, travaux de remise en état. Comptez 1 mois/an en centre-ville (~8 %), jusqu'à 2 mois/an en zone moins tendue.

6. Choisir le bon régime fiscal

Le régime fiscal a un impact majeur sur le rendement net-net. Deux grands régimes existent selon le type de location :

Location nue (revenus fonciers)

Micro-foncier

Abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Plafonné à 15 000 €/an de revenus fonciers bruts. Simple mais pas toujours optimal.

Régime réel

Déduction des charges réelles : intérêts d'emprunt, travaux, assurance, taxe foncière, frais de gestion. Plus avantageux quand les charges dépassent 30 % des loyers.

Location meublée (LMNP — micro-BIC)

Micro-BIC

Abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers bruts. Plafonné à 77 700 €/an. Très avantageux pour les petits investissements.

Régime réel BIC

Déduction des charges réelles + amortissement du bien et du mobilier. Peut réduire le revenu imposable à zéro pendant de nombreuses années.

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur le revenu net imposable (après abattement ou déduction des charges).

Notre simulateur compare les régimes

Le simulateur calcule automatiquement l'impôt dans chaque régime et vous recommande le plus avantageux selon votre situation.

7. Le cash-flow : l'indicateur complémentaire

Le cash-flow mesure les flux de trésorerie mensuels de votre investissement :

Cash-flow mensuel = Loyer net − Charges mensuelles − Mensualité crédit

Un cash-flow positif signifie que le bien « s'autofinance » et génère un surplus. Un cash-flow négatif (effort d'épargne) est fréquent, surtout en zone tendue où les prix sont élevés par rapport aux loyers. Notre simulateur calcule le cash-flow avant impôt (hors mensualité de crédit).

8. Exemple chiffré complet

Studio de 25 m² acheté 120 000 € dans l'ancien, loué meublé 650 €/mois charges comprises, TMI à 30 % :

Poste Montant
Prix d'achat + frais notaire (8 %) 129 600 €
Loyer annuel brut (650 × 12) 7 800 €
Vacance locative (8 %) −624 €
Loyers nets encaissés 7 176 €
Charges annuelles (copro, TF, PNO, gestion) −2 200 €
Rendement brut 5,54 %
Rendement net 3,84 %
Impôt micro-BIC (TMI 30 %, PS 17,2 %) −1 694 €
Rendement net-net 2,53 %

L'écart entre le brut (5,54 %) et le net-net (2,53 %) illustre l'importance de calculer le rendement réel avant de s'engager. En micro-BIC, l'abattement de 50 % réduit significativement la base imposable par rapport au micro-foncier (30 %).

9. Questions fréquentes

Quel est un « bon » rendement locatif ?

Il n'y a pas de réponse universelle. En centre-ville de Paris, 3 % brut est courant (mais avec une forte plus-value potentielle). En ville moyenne, 7-10 % brut est atteignable (mais avec un risque de vacance plus élevé). Un rendement net-net de 3-4 % est considéré comme correct pour un investissement patrimonial.

Faut-il mieux louer en nu ou en meublé ?

La location meublée (LMNP) offre généralement un avantage fiscal significatif grâce au micro-BIC (abattement 50 % vs 30 % en micro-foncier) et surtout au régime réel BIC (amortissement). En contrepartie, le bail est plus court (1 an vs 3 ans) et la gestion peut être plus intense.

Les travaux impactent-ils le rendement ?

Les travaux augmentent le coût total d'investissement (donc diminuent le rendement brut), mais peuvent permettre d'augmenter le loyer et sont déductibles au régime réel. Un bien avec travaux peut offrir un meilleur rendement net-net qu'un bien « prêt à louer » plus cher.

Sources juridiques

  • Revenus fonciers : CGI art. 28 à 33 quinquies
  • Micro-foncier : CGI art. 32 (abattement 30 %, plafond 15 000 €)
  • Micro-BIC : CGI art. 50-0 (abattement 50 %, plafond 77 700 €)
  • Prélèvements sociaux : 17,2 % (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %)